
28/08/2025
Afin de mieux réguler le chalutage de fond dans la bande côtière du Finistère sud, le CRPMEM Bretagne a engagé une série de mesures limitant la pratique des engins autorisés.
Une réglementation importante a été adoptée le 26 août à l’initiative des représentants de la pêche bretonne. Cette délibération doit mettre un terme à des problèmes récurrents de cohabitation et d’usages au large du Finistère sud.
Ces tensions sont liées la présence de navires utilisant des chaluts de fond dotés de 4 panneaux (dont deux « élévateurs »). Leur définition « réglementaire » correspond à un chalut de fond, mais leur utilisation « réelle » correspond à une pratique pélagique (dans la colonne d’eau) sans qu’il soit possible de la remettre en question d’un point de vue réglementaire.
Une limitation technique
Au-delà des divergences d’interprétation quant aux définitions en vigueur dans le droit, il en résulte des litiges entre pêcheurs dans le sud du Cap Sizun, et plus récemment dans le secteur des Glénan.
Ces litiges concernent :
- le partage de l’espace
- l’accès à certaines ressources (maquereaux, chinchards, sparidés, etc.)
- des dégradations ou pertes de matériel (filets)
Afin d’y remédier, les comités des pêches bretons ont élaboré depuis fin 2024 une solution afin de compléter la réglementation existante. Il s’agit de contraindre l’ouverture verticale des chaluts concernés, à travers une disposition technique très spécifique :
limiter la longueur des tétières à 12 mètres, voire 8 mètres en cas notamment d’utilisation de chaluts de plus de 2 panneaux (voir schéma ci-dessous)

Ce texte ne remet absolument pas en question la réglementation existante. Il ne réautorise pas des engins déjà interdits, ou des pratiques par ailleurs prohibées. Il s’applique sur un périmètre en cohérence avec la réglementation du chalutage pélagique actuellement en vigueur. (voir carte ci-contre)
« Une approche constructive »
En lien régulier avec les professionnels concernés, de nombreux échanges au sein des conseils et commissions thématiques des comités ont permis d’aboutir à cette solution, laquelle a été soumise dernièrement à une consultation du public.
Sur les 423 contributions qui ont été recensées, la disposition technique proposée n’a donné lieu à aucune objection. Les apports ont surtout affiché une opposition de principe au chalutage, ou remis en avant des éléments d’appréciation juridique. Les comités des pêches bretons ont pris acte de ces remarques, en prenant soin d’y répondre point par point.
Vice-président du CDPMEM Finistère et patron du Magellan II, Sébastien Le Prince insiste :
« Avec cette réglementation portée à notre initiative et avec l’appui des services administratifs de la DIRM-Namo, nous clarifions un flou juridique afin de résoudre une situation embourbée depuis des décennies. En espérant que cette démarche facilite l’apaisement, nous tenons à remercier tous les acteurs qui se sont impliqués dans une approche constructive. »
La mise en œuvre de cette nouvelle disposition fera l’objet d’un bilan. Si nécessaire, les comités des pêches bretons pourront en adapter les contours dans les mois à venir.