Gasoil : pour des aides directes à la pompe  

Devant la persistance de la flambée des cours du gasoil, les principaux armements bretons à la pêche hauturière, accompagnés des organisations de producteurs et des comités des pêches, se sont réunis pour établir un point de situation et réaffirmer une position commune.

De leurs échanges, il ressort plusieurs éléments factuels :

  • Rien ne laisse envisager une sortie de crise rapide dans les événements en cours au Moyen Orient.
  • Les pêcheurs souffrent d’un doublement des prix à la pompe et sans certitude quant à de futures hausses. Ils ne peuvent pas répercuter l’explosion de leurs dépenses sur les prix du poisson qui sont déterminés par les acheteurs.
  • Au rythme actuel de l’inflation, des reports de charges ou de crédit ne suffisent pas au maintien d’une exploitation des navires impactés, pour la plupart des chalutiers, soit le tiers des flottilles bretonnes et environ 300 unités. Le prix du carburant absorbe désormais plus de 50% de leur chiffre d’affaires. La rémunération des équipages est directement affectée.
  • Constituant la colonne vertébrale de la pêche bretonne, les chalutiers assurent la variété des apports en criée, mais aussi la moitié de leurs volumes et de leur valeur. Sur de nombreux territoires littoraux, ils forment le maillon central d’un important tissu économique. Ils participent activement à la souveraineté française et européenne en matière d’alimentation.
  • Sans un véritable soutien, les bateaux resteront à quai. Les ports seront à l’arrêt. La pérennité de plusieurs milliers d’emplois locaux est menacée.

Une échéance cruciale pour l’avenir de la filière

Toutes ces circonstances appellent des actions fortes. Les prochains rendez-vous seront déterminants, notamment la rencontre du lundi 30 mars entre la Commission européenne et les ministres européens de la pêche.

« Nous attendons des aides ciblées et proportionnelles qui permettent de compenser toutes les augmentations des prix du gasoil au-delà d’un seuil qui ne peut excéder 70 centimes par litre. Ces aides doivent être absolument appliquées, non pas au niveau des entreprises, mais pour chacun des navires concernés », fait valoir Grégory Métayer, président du CDPMEM des Côtes d’Armor.

« Nous espérons aussi que soient enfin débloqués tous les verrous au bon renouvellement des flottilles afin de mener à bien leur transition énergétique », insiste Yannick Calvez, président du CDPMEM du Finistère.

Sans engagement favorable à l’issue des échanges à venir, les armements bretons ne pourront plus garantir la continuité de leurs activités, obligeant ainsi les autorités compétentes à en tirer toutes les responsabilités.