Gasoil : des bateaux de pêche bretons à l’arrêt

Plusieurs dizaines de chalutiers travaillant sur des marées longues et essentiels à l’approvisionnement des criées bretonnes, ont décidé de cesser leur activité à compter de ce 1er avril. C’est un coup de semonce pour l’ensemble de la filière de pêche et des produits de la mer.

Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large, suivant l’invitation du Comité national des pêches qui, à l’issue de son bureau exceptionnel, a invité tous les professionnels concernés à un débrayage de 12h à 15H en signe de protestation.

Pourquoi les pêcheurs s’arrêtent ?

    La flambée des coûts du carburant (+100 % en un mois) ne permet plus à ces navires de maintenir la viabilité de leur exploitation. La filière pêche est particulièrement exposée à l’augmentation du prix du gasoil car :

    • Les pêcheurs ne maîtrisent pas le prix de vente de leurs captures et ne peuvent donc répercuter l’augmentation des couts de production sur le poisson vendu ;
    • Cela entraîne une baisse des salaires des équipages qui se partagent les bénéfices d’une marée ;
    • Les filets de pêche sont fabriqués à base de produits issus du pétrole.

    Dans ces conditions, sortir en mer signifie travailler à perte.

    Les mesures annoncées à ce stade par le gouvernement, notamment une aide de 20 centimes par litre pour le seul mois d’avril et des reports de crédits, sont jusqu’ici insuffisantes pour envisager de poursuivre l’activité dans des conditions acceptables et durables.

    Ce que les pêcheurs bretons attendent du gouvernement et de l’UE

      Les pêcheurs bretons demandent au gouvernement et à l’Union européenne des mesures immédiates pour permettre un retour en mer dans des conditions économiquement viables.

      Ils appellent à :

      • Un calibrage des dispositifs d’appui qui doivent être adaptés aux navires les plus dépendants ;
      • Une adaptation des règles européennes, avec notamment le relèvement des plafonds d’aides (« de minimis ») à la hauteur des besoins des armements les plus exposés ;
      • Un accompagnement sur la durée, et non pas uniquement pour un mois, en fonction d’éventuelles nouvelles hausses des prix du gasoil.

      Sans réponse rapide, c’est l’ensemble de la filière qui est menacée de paralysie, avec des répercussions économiques et sociales d’une ampleur inédite.