09/04/2026
Il y a une semaine, un débrayage symbolique abondamment relayé dans les médias sonnait l’alerte et préfigurait le point de bascule que nous atteignons aujourd’hui : l’équilibre économique de nos entreprises a été rompu par la flambée des cours du gasoil.
Les bateaux doivent s’arrêter, ou bien aller en mer en pure perte. Le carburant représente jusqu’à 50 % du chiffre d’affaires de certains d’entre eux. Les marins ne peuvent plus vivre décemment de leur travail.
Depuis plus d’un mois, avec leurs partenaires, les comités des pêches bretons maintiennent la pression afin d’amener les autorités à alléger le fardeau de nos entreprises. Mais la situation reste bloquée, envenimée par la forte imprévisibilité des événements au Moyen-Orient.
Solutions insuffisantes
Des demandes ont été formulées :
- Une aide immédiate, et directement à la pompe, sur le prix du gasoil
- Un relèvement des plafonds d’aides communautaires (« de minimis »), navire par navire
- Un soutien dans la continuité permettant de porter la transition énergétique de la filière
Des avancées ont été obtenues :
- Des reports de cotisations et restructurations de crédits
- Un appui de 20 centimes par litre, sur facture, avec une enveloppe globale de 5 M€ sur avril
- Un prêt flash carburant au taux de 3,8% sur durée courte avec BPI
Aujourd’hui, ces solutions sont insuffisantes. Elles ne sont pas pleinement opérationnelles. Elles ne sont pas à la hauteur de l’enjeu et de l’urgence. Certains dispositifs ont également été évoqués, notamment un nouveau fléchage de la taxe EMR. Mais le cadre légal existant l’interdit formellement.
Ce que nous réclamons, avec l’ensemble des comités au niveau national :
- Une aide carburant durable et adaptée à la hauteur des cours
- Le bénéfice du chômage partiel et des arrêts temporaires pour les bateaux contraints de rester à quai
- Toutes les mesures complémentaires susceptibles de soulager les armements
Il y a URGENCE à intervenir… La crise est là, et des entreprises risquent de baisser le rideau. Le débrayage du 1er avril était un cri d’alarme. Nous avons dépassé ce cap.