27/04/2026
« Il n’existe pas de recette miracle vers la décarbonation »… A l’occasion de l’accueil en Bretagne de Madame la ministre de la Pêche, Catherine Chabaud, les comités des pêches bretons et leurs partenaires ont affiché leurs positions, notamment par rapport aux voies d’avenir de la filière halieutique bretonne.
Venue « pour écouter, sans sujets tabous » dans un port qui « incarne bien les enjeux auxquels les pêcheurs font face », Catherine Chabaud a rappelé son ambition : « que les bateaux de pêche ne restent pas à quai, pour que les crises deviennent des opportunités vers leur décarbonation ».
Ouverts à un esprit de dialogue, les pêcheurs ont acté les mesures d’urgence annoncées pour les soutenir face à la flambée des cours du carburant. Établies à 20 cents au mois d’avril et 35 cents au mois de mai, les indemnisations doivent être maintenant mises en paiement en fonction de la consommation globale des entreprises, sur facture acquittée.
Des pistes sérieuses qui exigent un vrai appui politique et administratif
Face au « plan électrification » annoncée par la ministre, les pêcheurs bretons ont marqué leur incompréhension, rappelant qu’ils travaillent depuis plusieurs années en vue de libérer leurs navires de leur dépendance aux énergies fossiles. Avec les projets Hyba ou encore Sirene, des pistes sérieuses sont déjà explorées, mais elles peinent à advenir faute d’un appui politique et administratif résolu.
« Il faut lever les freins réglementaires au renouvellement des flottilles pour avancer concrètement sur leur transition énergétique. Cela exige de mieux prendre en compte les réalités des métiers de la pêche, en permettant de moderniser chaque aspect du navire, non pas seulement sa motorisation, sans idée arrêtée sur une technologie à déployer prioritairement », ont avancé collectivement les professionnels, tous métiers confondus.
Parmi les autres points qui ont été abordés :
- Une nouvelle fermeture du Golfe de Gascogne en 2027 est inenvisageable, sauf à être proportionnée et fractionnée dans le temps, pour ne pas rompre les chaînes d’approvisionnement, mais aussi permettre aux navires d’instruire leurs efforts de limitation des captures accidentelles.
- Planification maritime : avec le projet éolien au large de la Bretagne Nord-Ouest, l’État a fait le choix d’une zone qui a un impact majeur sur l’effort de pêche localement. Une étude d’impact sur les conséquences de cette décision doit être désormais mise en œuvre afin de permettre la continuité des activités dans la zone, ainsi que la région Bretagne en avait manifesté la volonté.