Gasoil : une nouvelle crise à dépasser

Eu égard au conflit généralisé dans le Moyen-Orient, et compte tenu des récentes évolutions sur le marché du Brent, les comités des pêches bretons sonnent l’alarme sur la situation des navires dont la viabilité dépend étroitement du prix du carburant.

En effet, il est à craindre que le coût du gasoil remonte brutalement à son plus haut niveau de 2022, aux alentours de 900 euros le mètre cube, voire au-delà. Cette hausse vertigineuse de la facture de carburant menace d’affecter irrémédiablement les entreprises de pêche bretonnes, lesquelles sont plus que jamais engagées dans une démarche de limitation de leur dépendance aux hydrocarbures.

Atteignant jusqu’à la moitié de leur chiffre d’affaires, le pétrole pèse en effet lourdement sur le poste énergétique des navires, mais aussi sur l’achat des fournitures, et au-delà sur la rentabilité des entreprises de pêche et sur la rémunération des marins.

Face à cette situation critique, les comités des pêches bretons tiennent à rappeler les faits suivants :

  • Il est extrêmement difficile voire impossible de prédire une crise politique mondiale d’une telle ampleur, de même que ses retombées, autant humaines, que sociales et économiques.
  • La guerre et son imprévisibilité servent d’alibi aux plus viles spéculations sur certaines matières premières, à commencer par le pétrole. En l’espèce, l’augmentation de certains cours est déconnectée de la disponibilité réelle de nombreux biens et services.
  • En lien avec leurs partenaires et dans le cadre du Contrat stratégique de filière signé en février 2025, les comités des pêches avaient donné mandat à la Coopération Maritime afin d’établir un fonds assurantiel destiné à absorber la volatilité des cours du pétrole et prévenir ce type de crises. Hélas, ce fonds qui exigeait du temps et surtout de la stabilité pour être pleinement effectif, n’est pas encore opérationnel.

Maintenir la filière à flot

Dans ces conditions, les comités des pêches bretons restent mobilisés auprès des autorités compétentes, du niveau local au niveau européen, pour sauvegarder la pérennité de la filière halieutique.

« Des mécanismes de soutien doivent être mis en œuvre, non par entreprise, mais pour chaque navire concerné. C’est seulement à cette condition que nous pourrons continuer à aller en mer et maintenir un approvisionnement régulier sous criée », signale Grégory Métayer, patron du chalutier Le Pearl, président du CDPMEM Côtes d’Armor.

« Il y a urgence à intervenir. Il faut tout mettre en œuvre pour permettre à nos navires de continuer leur activité. Sans quoi nous risquons un effondrement de la filière », insiste Sébastien Le Prince, patron du chalutier Magellan II et vice-président du CDPMEM Finistère.

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